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Comment on organise notre vie de digital nomad en van ?

Écrit par Le Van Migrateur 20 avril 2020
Vie de freelance en van
16 min de lecture

Organiser une vie de digital nomad en van est loin d’être la même chose que d’organiser sa vie d’entrepreneur en appartement ou une maison. En van, tout prend plus de temps à faire. Et en van, il faut être synchro avec son colloc, sinon ça peut taper des coudes plus de 100 fois en 60 secondes à cause d’une mauvaise organisation ! Et autant dire que c’est là que les nerfs commencent à monter si l’on n’est pas réveillés… Cet article, c’est un peu la suite de “la vie en freelance en van : cette arnaque“. Je l’avait écrit quand on était encore dans Kirikou, et que mon boulot tournait autour des clients (et de la réalisation de sites internet pour ces deniers), et que PF se cherchait encore. Aujourd’hui, tout a énormément changé.




En quoi consiste notre activité de digital nomad en van?

Le Van Migrateur

Nous nous reconnaissons plutôt dans la catégorie de digital nomad en van que de freelances en van. En effet, nous n’échangeons pas notre temps contre de l’argent. En tout cas, ce n’est pas le principal de notre activité. Dans notre imaginaire, freelance va plutôt être un entrepreneur qui propose ses services. Nous, on se définirait donc plutôt comme des digital nomad (terme plus large) ou comme des entrepreneurs, tout simplement !

2019, une année de changements

Nous avons complètement changé nos objectifs pendant l’année 2019, qui a été une vraie année pivot pour nous. Ni PF ni moi ne nous épanouissions réellement dans nos activités respectives. Moi, j’étais Webmaster et développeuse. Lui était rédacteur Web. Mon activité ne me plaisait plus, car j’étais toujours super emballée à l’idée de faire un nouveau site, mais le client finissait toujours par perdre la motivation ou par me détourner si fort de mon idée de base, que je perdais l’envie de créer. Pf, lui, tournait en rond devant son ordinateur avec la rédaction. Il a besoin d’être en contact des gens pour les aider. C’est de là que nous avons tout changé.

Nos activités actuelles

Déjà, une chose plutôt pratique avec notre métier actuel : nous ne sommes absolument pas dépendants de la géographie. Nous exerçons une activité exclusivement digitale, ce qui nous permet de garder notre totale liberté. Nous avions déjà pensé à plusieurs choses qui nécessitaient soit un pied à terre soit d’être présent dans une région plusieurs mois par an, mais on n’a jamais réussi à sauter le pas. On a encore trop besoin de pouvoir être libres de partir où on veut, quand on veut. Pour les petits curieux, voici donc les activités que nous exerçons :

  • La rédaction et la mise à jour de nos ressources PDF gratuites et payantes pour notre blog
  • La rédaction d’articles pour le blog, qui vous permettent de mettre à disposition des informations libres d’accès sur plein de sujets différents autour de la vanlife (aménagement, homologation, zero dechet, mode de vie, coups durs, grandes joies, DIY, etc.)
  • Les accompagnements à l’aménagement personnalisés via notre site internet Vansity.fr
  • La recherche et l’inscription d’artisans de talent sur ce même site, Vansity.fr
  • L’animation de nos réseaux (Instagram, Facebook, le groupe d’entraide que nous avons créée sur Facebook)
  • L’organisation d’un festival, le vanlifest, qui est une activité saisonnière mais qui dure quand même 6 mois !
  • De la rédaction Web quand on a le temps et envie de mettre un peu plus de sous de côté pour un projet quelconque

Une case inexistante pour notre activité

C’est pour ça que, quand on nous demande Vous faites quoi dans la vie ?, on a vraiment énormément de mal à répondre. Notre gagne pain n’est pas notre blog directement ou notre compte Instagram, nous ne sommes donc ni blogueurs ni influenceurs. On peut dire qu’on est entrepreneurs, de manière générale, mais dans quoi ? Je crois bien que, à l’image de la vie que nous avons choisie, nous ne rentrons dans aucune case bien définie. Et c’est tant mieux, car la seule chose qui nous importe est de faire ce qu’on aime, aussi longtemps qu’on le pourra !




Voyager et travailler, est-ce compatible ?

Être freelance en van

La liberté que ça apporte

On le dit haut et fort, et on l’a déjà dit dans plusieurs de nos articles qui traitent de cette problématique : OUI ! C’est possible, si on sait mettre des limites. Nos revenus ne dépendant pas de la création de contenu sur nos voyages en eux-mêmes ou sur notre manière de vivre, nous avons une liberté d’action dont on aurait eu bien du mal à se passer. On peut organiser nos journées et nos itinéraires comme on veut, et nous n’avons besoin de rendre de comptes à personne. Ce n’était pas le cas avec les activités que nous exercions avant, car nous dépendions de nos clients. Le démarchage tenait également une grande place dans notre quotidien.

Le prix de cette liberté

Malgré tout, emmener son travail avec soi partout demande beaucoup de discipline. Pour nous, la difficulté n’est pas de se mettre au boulot mais de s’arrêter. À nos débuts, et surtout lors de la création des ebooks qui a duré en tout environ 2 ans, c’était du travail acharné sans entrées d’argent. On vivait sur les sous que Pf arrivait à se faire en saison. Les journées allant de 8h à 23h étaient bien plus nombreuses que les journées normales. Comme je l’expliquais dans mon article La vie de freelance en van, cette arnaque, on n’a rien sans rien ! Les débuts ont été hyper difficiles : on n’arrivait pas à trouver notre rythme entre l’alimentation des ressources, les temps de conduite pour avancer sur notre itinéraire et les visites/randos qu’on avait envie de faire. Résultat : on se mélangeait les pinceaux et on finissait aussi stressés qu’une vie de métro-boulot-dodo. Oui oui, vous avez bien lu !

Mais si c’était à refaire, on le referait. Car ce sont ces deux ans d’acharnement qui nous permettent de vivre une vie beaucoup plus sereine aujourd’hui. Nous avons réussi à pérenniser notre activité et l’énergie mise dedans est beaucoup moins forte car elle est devenue stable. Aujourd’hui, on peut tous les deux couper notre temps en trois : le travail, la détente et la formation personnelle. Cet équilibre, on a réussi à l’atteindre après presque 3 ans…On vous explique notre organisation?




L’organisation de nos journées

Vie de freelance en van

Nous avons trouvé notre “rythme de croisière”

Même si nos journées étaient vraiment décousues au départ, notre emploi du temps et notre organisation sont beaucoup plus stables aujourd’hui. Avant qu’on trouve notre rythme de croisière et qu’on stabilise notre activité, on ressemblait à deux geeks désorganisés, se nourrissant de bols de céréales et de boîtes de conserve. J’ai passé des heures à construire des sites internet, PF a passé des heures à rédiger, j’ai passé des mois entiers à rédiger l’ebook, pendant que PF faisait rentrer l’argent en travaillant en tant que saisonnier.

Si vous lisez cet article et que vous en êtes encore au tout début de votre vie de nomad digital éventuellement en van (ou pas), n’essayez pas de vous calquer sur le rythme que je vais vous partager dans l’immédiat. C’est un objectif à long terme, mais il n’est pas possible de le tenir si vous débutez votre activité. Car oui, il faut bien rentrer l’argent à un moment ou un autre ! Et pour rentrer l’argent, il faut travailler. Avec acharnement. Sauf si vous trouvez L‘idée, et que vous arrivez à la mettre en place en claquant des doigts. Même si c’est pour avoir des revenus passifs, la construction et la stabilisation d’un projet est un travail énorme.

Une journée type à bord de notre van, lorsque nous sommes sédentaires

Il nous arrive plus souvent d’être sédentaires qu’en mouvement en ce moment, même si ça devait changer cette année avec le voyage au Canada qui a été annulé à cause de l’épidémie de Covid-19. En général, on se trouve un petit coin dans les Landes ou en forêt, pour être tranquilles et près des choses qu’on aime (potes et surf). Voici un planning type, qu’on n’arrive pas forcément à tenir à la lettre tous les jours, mais l’idée est toujours là :

8h-9h : Petit déjeuner pour nous deux, et j’ajoute l’écriture pour moi (Luce)

9h-10h : méditation et/ou respiration profonde pour moi, et PF commence à travailler

10h-11h : grande marche avec Laskar pour moi, PF est toujours en train de travailler

11h-13h : Yoga ou Sport & lecture ou Surf, en fonction d’où nous sommes. À part si c’est du surf, PF continue de travailler. Quand notre activité dépend des conditions extérieures, on essaie de s’adapter et de faire en sorte d’ajouter un peu de flexibilité. Mais à Contis, là où on adore surfer, on sait à peu près quand ça marche !

13h14h : on se cuisine un truc vite fait et on sort le chien ensemble pour digérer. On consacre un petit budget à la nourriture bio, mais le midi nous mangeons souvent des sauces Porsain toutes faites avec des féculents. Ce sont des boîtes Bio, excellentes et très bonnes pour la santé !

14h-18h : c’est la plage horaire de boulot pour moi, et PF continue un peu s’il a encore des choses à faire.

16h30 : PF part courir avec Laskar ou fait un peu de sport de son côté, puis rentre pour une douche dans le van

18h : Yoga, Sport ou Surf, en fonction d’où nous sommes. J’alterne avec l’activité que j’ai faite à 11h. Je l’avoue, mon combo préféré est le Yoga/surf, évidemment ! C’est super important pour nous d’avoir terminé notre journée planifiée à cette heure-là.

20h : Si on est encore en train de travailler à cette heure-là, on sait que ça risque de mal finir. Les jours où j’ai vraiment beaucoup de boulot, et que je fais des journées de 9h à 20h, je le sens dans la qualité de mon sommeil. Je suis aussi beaucoup plus susceptible de voir surgir des angoisses, des pensées submergeantes… Les journées comme ça restent donc rares, et c’est si vraiment il y a quelque chose d’urgent à finir ! À partir de 20h, normalement, c’est détente obligatoire !

Avec ce programme, je (Luce) travaille 4h par jour. J’arrive maintenant à m’organiser de telle manière que je n’ai quasiment plus besoin de faire de journées de rush. Si j’ai un gros projet à bosser (comme un nouvel ebook, par exemple, ou un projet de cet envergure), je consacre 1h voire 1h30 par jour de mes 4h dessus si j’ai d’autres choses, ou les 4h par jour si je n’ai rien d’autre. Mais je ne dépasse que très rarement cette plage horaire. Car, même si c’est productif sur le coup, il y a un moment où ça craque et où je ferme l’ordinateur pour plusieurs jours. Et, si on fait le calcul, c’est plus productif de travailler 4h par jour que 50h par semaine pour craquer les 3 semaines d’après et perdre totalement le rythme ! Le weekend, en général, je me consacre un peu à la formation si on n’a rien de prévu. Que ce soit des formations sur l’entrepreneuriat ou sur le bien-être, j’aime réellement énormément apprendre pleins de choses !

PF a besoin de travailler 1h ou 2 de plus que moi car nous n’avons pas la même organisation. Il préfère prendre son temps, et n’aime de toutes manières pas avoir trop de plages horaires libres dans son emploi du temps (un PF à occuper, je vous promet que c’est pas facile tous les jours).

Une journée type à bord de notre van, lorsque nous sommes en road trip

Lorsque nous sommes en road trip, on réfléchit à l’organisation de manière plus globale. On l’imagine sur la semaine, sachant que chercher des ressources prendra forcément plus de temps que lorsqu’on est sédentaires. En sédentaire, on sait exactement où est l’eau, où est le supermarché pour le gaz et on est soit branchés soit à un endroit assez ensoleillé pour maintenir nos batteries à 100%. On s’attribue donc des jours de déplacement/détente et des jours de travail ! En général, on aime bien faire comme ça :

Lundi : on l’appelle le Jour nul. Un nom très original pour définir le jour où on fait les courses, la laverie, on remplit l’eau, le gaz si besoin, où on recharge les batteries si besoin (ce qui sera rarement le cas avec notre installation actuelle).

Mardi-mercredi : ce sont les journées, complètes, où on réalise tout le boulot qu’il y a à faire pour la semaine. Les horaires varient en fonction du boulot qu’il y a (ça peut être 8h-19h comme 10h-13h). On suit notre rythme naturel pour ces deux journées, sans se mettre de réveil (sauf si c’est un gros rush). S’il y a du surf, on prend en général le temps d’y aller !

Jeudi-dimanche : ce sont les journées détentes, road trip et visites. Méditation yoga, sport, surf, lecture, randonnées, visites, conduite … Pendant ces 4 jours, on vit le voyage à fond ! Le jeudi et le vendredi, on reste quand même joignables par mail et par téléphone pour répondre aux personnes qu’on accompagne, ou à tout autre appel ou mail, quelqu’il soit. On est donc toujours suceptibles de se poser 1h ou 2 dans le van pour bosser un peu. Le weekend, j’aime bien quand même prendre mes 3 ou 4h en tout pour avancer sur mes formations. Encore une fois, c’est une vraie passion pour moi de me former sur pleins de choses différentes, j’adore ça !

Quand on est en voyage, en général, on préfère regrouper les heures de travail ensemble (tâches techniques sur le site, accompagnements, écriture, graphisme, etc.). Même si on reste joignables le reste du temps, on aime bien s’accorder une semaine complète par mois sans tâches spécifiques. En général, c’est la première. C’est important pour nous pour ancrer dans le pays, et pour nous en imprégner.




Comment on profite du voyage, dans tout ça ?

Road Trip Norvège

J’ai déjà dû faire face aux yeux écarquillés et incompréhensifs de certains compagnons de voyage, qui ne comprenaient pas pourquoi on ne consacrait pas 10000% de notre temps à vivre le voyage, à penser voyage, à manger voyage. Eh bien, je vais vous apprendre quelque chose : ma véritable passion à moi, c’est l’entrepreneuriat ! J’adore aussi le voyage, mais je ne le mettrais pas en premier sur ma liste. C’est pour ça que cet équilibre me convient parfaitement, à moi.

Et on a trouvé un équilibre parfait avec PF qui, lui, mettrait plutôt le voyage en premier sur la liste, et l’entrepreneuriat en deuxième. Quand on est sédentaires, il bosse un peu plus que moi. Et quand nous sommes en voyage, je prends de plus grosses parts de travail, pour qu’il puisse profiter de quelques heures par jour seul pour partir à l’aventure.




Comment on arrive à abattre autant de travail ?

Travailler en van
Photo par Gurkan Yildirim

Pour ceux qui nous connaissent, vous savez qu’on produit beaucoup de contenu, aussi bien sur notre blog (sous forme d’articles ou de PDF) que sur nos réseaux. Nous avons 3 comptes Instagram, 2 comptes Pinterest, un compte Facebook, un groupe d’entraide et 3 sites internet. Tout ça, c’est du boulot, aussi bien de création que de maintenance.

C’est pour ça qu’on a décidé de s’entourer de copains freelances pour nous aider dans tout ça. Nous travaillons avec Marion Henry, pour le community management de deux de nos comptes Instagram et d’un de nos comptes Pinterest, avec Stéphane Boitel pour les côtés très techniques du blog et de notre site Vansity et avec ma soeur, Noélie Hétier pour l’un de nos comptes Pinterest. On est super reconnaissants d’être entourés de si belles personnes, hyper compétentes dans leur travail.




Alors, on se lance dans la vie de digital nomad en van ?

La vie en van en couple
Photo par Gurkan Yildirim

Être digital nomad en van (être digital nomad tout court d’ailleurs) occupe l’esprit 24h/24, même si le programme paraît assez cool. La charge mentale est forte, et il est rare que notre cerveau ne mouline pas tout seul pour chercher de nouvelles idées.

Vivre les doigts en V en criant “Carpe Diem” et en feignant ne pas avoir de programme est vraiment impossible pour nous. Ça nous crée plus de stress qu’autre chose. Avoir une structure et une organisation nous permet de profiter pleinement de nos moments libres avec la satisfaction du travail bien fait. On a choisi cette forme de travail, et on ne l’échangerait pour rien au monde. On aime être stimulés tout le temps, on aime le défi, on aime avoir un but et un objectif précis. C’est ça qui nous stimule, qui nous fait avancer, qui nous fait vibrer. Alors, on se lance dans la vie de digital nomad en van ? 1000 fois oui. Et on va faire en sorte que ça dure encore le plus longtemps possible <3.

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