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Cuba, les secrets d’un pays sous embargo

Écrit par Le Van Migrateur 5 juillet 2017
Cuba
16 min de lecture

Cuba … C’est monter à cheval comme on ferait du vélo en France, les bains de minuit dans la piscine d’eau salée sous les étoiles avec un verre de rhum, ces magnifiques eaux turquoises, les enfants qui courent après toi pour te dire bonjour et t’offrir des fleurs, les meilleurs Mojitos jamais goûtés, la vie sans technologies, les soirées rythmées à la musique cubaine… Une expérience pendant laquelle tu es coupée du monde réel, totalement hors du temps.

Cuba

Cuba fait partie des pays que je ne reverrais sûrement jamais, des destinations que l’on a envie de dévorer, desquelles on a envie de connaître tous les moindres secrets car on ne sait pas quand on pourra y retourner…Quand on sait en plus que le jour où l’embargo sera levé, tout changera…
Ce qui rend un pays sous embargo si fascinant, c’est que les habitants doivent se débrouiller d’eux-mêmes pour vivre grâce aux ressources de leur pays. La technologie n’existe pas, Internet n’existe presque que dans les cybers café et l’accès en est limité. C’est un pays totalement hors du temps. Imaginez-vous en train de vous promener dans une des villes de Cuba, entouré(e) de vieilles voitures, avec le son de la musique cubaine et espagnole volume au maximum dans toutes les rues, les habitants qui parlent et rigolent entre eux… Ces personnes n’ont rien, mais profitent de la vie, sourient, prennent le temps de se poser. Ils sont gais, l’ambiance est relaxante.
J’ai décidé de prendre la moitié de l’année 2015 pour voyager, une amie m’a parlé d’un voyage organisé à Cuba avec l’UCPA, alors je me suis dit pourquoi pas? Cette terre hors du temps et sans technologie.
Je me suis donc lancée et suis partie avec Pauline en voyage organisé. Je suis plutôt contre ce genre de chose habituellement, mais Pauline, n’avait qu’une semaine de vacances et je me suis dit que pour une durée si courte, c’était sûrement mieux pour voir le plus de choses possibles. A peine arrivées, la guide nous a tout de suite prévenues : “Ici, il faut laisser son cerveau français de côté. Il faut être patient, prendre son temps, et ne vous attendez pas à avoir de Wi-fi ! “. On s’y attendait, donc pas de surprise. On éteint les téléphones, on les range au fond du sac, et on les oublie jusqu’à l’atterissage en France !
Mes préjugés sur les circuits organisés n’étaient finalement pas si bien fondés. Notre guide était cubain (et parlait très bien français), alors il a pu nous faire visiter des petits villages qu’on n’aurait peut-être pas pu voir si on avait été seules. En plus des nombreux moments de « quartier libre », on avait le droit au commentaire historique et à l’explication de l’organisation de la vie là-bas. Alors pourquoi se plaindre?
Nos excursions se faisaient en bus. De la visite du petit village à celle de la grande ville, de la soirée à manger du cochon grillé chez l’habitant aux soirées dans des bars à Salsa, on n’a pas eu le temps de s’ennuyer. Les quartiers libres l’après-midi en ville nous on permit de pouvoir discuter avec des cubains. On s’est vraiment rendues compte de la difficulté de la vie là-bas, mais aussi à quel point les cubains paraissent heureux. C’est vrai que certains ne venaient nous adresser la parole que pour mendier, mais d’autres (et la plupart) s’asseyaient tout simplement à côté de nous pour discuter. On a fait de belles rencontres, et on s’est vite rendues compte que, finalement, la technologie n’était peut-être pas si indispensable que ça… On s’est même surprises à envier une française qui a décidé de tout quitter pour aller vivre là-bas. ” Vous êtes là pour combien de temps? Pour toujours.
Road Trip Cuba
Les logements étaient de petits cottages de toutes les couleurs, où on pouvait être à 4 maximum. Nous étions seulement deux dans le nôtre avec Pauline. On était assez contentes de voir que nous n’étions pas dans un grand hôtel, qui n’aurait pas été dans l’esprit de ce voyage. C’était des petits bungalows en bois très modestes, mais en même temps parfaits. Nous avions la clim, ce qui rendait le sommeil possible étant donné la chaleur étouffante qu’il faisait ce mois d’Avril.
Il nous suffisait de descendre un escalier pour être à la plage, et de monter ce même escalier pour être à la piscine, avec vue sur l’eau turquoise de la mer. On y avait accès 24h sur 24, alors on ne s’est pas gênées pour prendre quelques bains de minuit à la lueur de la voie lactée (qu’on voyait très bien !).
Road Trip Cuba
La ville qui m’a le plus marquée est sans hésitations Trinidad : flâner au son de la Salsa présente dans chaque coin de rue,  avec des rythmes endiablés, . Je l’ai trouvée authentique, on a créée des liens avec beaucoup de natifs là-bas, le temps d’une après-midi. Je me souviens exactement de chacun d’entre eux.
L’après-midi de notre visite dans cette ville, on s’est assises quelques minutes sur un banc, sous un arbre, à l’ombre, à cause de la chaleur étouffante qu’on avait du mal à supporter. À ce moment là, plusieurs personnes sont venues nous parler, à la file. Un vieillard plein de vie, qui nous demandait ce qu’on faisait dans la vie, si on aimait sa ville, si on s’y plaisait, et qui nous racontait qu’il était professeur d’anglais. Un autre jeune cubain, professeur de danse, qui nous a proposé de venir à l’un des plus grands points de rencontre des danseurs : La casa de la musicà. Ce jeune était accompagné d’un autre personnage assez atypique, très vivant aussi, et qui est venu montrer fièrement son t-shirt « Google », ce qui nous a fait sourire étant donné la situation du blocus américain qu’ils subissaient. Et le plus drôle, c’est qu’il parlait français ! Avant d’aller à la casa de la musicà, ils nous ont emmené goûter un cocktail « très spécial », comme ils l’appelaient : la canchara. Un mélange de rhum, de miel et de citron. Ça donne quelque chose d’effectivement très spécial, mais on s’est resservies plus d’une fois ! Faites un tour dans ce bar qui ne paye pas de mine mais où vous passerez un moment très cubain grâce au groupe de musiciens qui se produisent là-bas : le Café Don Pepe. Après une ou deux canchara, refaites un tour à Trinidad au crépuscule pour ensuite aller manger au restaurant San José à quelques mètres. Finissez la soirée à la Casa de la Musicà, où des danseurs de tous les niveaux se retrouvent dans un grand espace qui ressemble à un théâtre. Attention, vous n’êtes pas à l’abris de vous faire inviter par un(e) cubain(e) pour danser sous les applaudissements d’encouragement du public ! Mais c’est exceptionnel.
Une autre ville m’avait également beaucoup marqué : Camilo Cienfuegos. Contrairement à Trinidad, c’était un village, qui aurait pu se rapprocher d’un « bidonville ». Les maisons étaient faites de pierres, avec tout le confort nécessaire: lit, cuisine et télévision. Mais ce village subissait beaucoup plus les désavantages que peut amener un embargo : rationnement du riz avec des tickets, hôpital primaire, récoltes faites avec les chevaux, etc. Mais c’était impressionnant de voir à quel point ils se débrouillaient : les femmes font leurs cosmétiques elles-mêmes (shampoing, gel douche, et même teinture pour cheveux) et ils cuisinent des choses somptueusement bonnes !
D’ailleurs, en parlant de cuisine … Il faut absolument que je vous en touche un paragraphe. Car la cuisine cubaine est dépaysante, mais après y avoir gouté, on pourrait ne manger plus que ça ! Première chose assez déstabilisante, les cubains commencent toujours leurs repas par des fruits : ananas, mangue, orange, banane, et j’en passe. D’ailleurs, on devrait s’inspirer de ce régime alimentaire nous, français ! Manger des fruits 30 minutes avant le repas chaque jour facilite la régulation du transit, la perte de poids et l’équilibre de notre flore intestinale !
Mais les fruits de là-bas … Imaginez-les environs deux fois plus gros qu’ici. Et tellement plus juteux, plus goûteux ! Les ananas ont un vrai goût d’ananas : juteux et acide comme il faut.
Au niveau des plats, ils sont souvent à base de riz, de poisson et de porc. On a eu la chance, avec notre voyage organisé, de pouvoir aller manger du porc grillé chez l’habitant. C’était d’ailleurs assez surprenant ! Une famille nous a tous accueilli, en échange de 10 pesos (monnaie cubaine) chacun. Nous avions un grand buffet à notre disposition, avec du porc, du riz et du rhum ! Mais le plus impressionnant, c’est qu’ils avaient un grand jardin désert (sans herbe, sans rien) et un cheval. Et je me souviendrais toujours qu’après avoir mangé, je suis partie le caresser. L’homme de la maison est venu me voir, et en voyant mes yeux plein d’envie, m’a proposé lui-même de monter dessus ! En short, sans bombe, et l’équipement se limitant à une selle et un licol fabriqué en cordes. C’était un pur bonheur, galoper à l’improviste sur un cheval docile au crépuscule !
Cuba c’est ça : des surprises à tous les coins de rue, des rencontres innocentes, des discussions avec des étrangers avides de rencontres, et j’en passe.
Road Trip Cuba
La Havane a marqué la fin de notre voyage, et le début du reconditionnement de nos cerveaux français. Nous étions dans un hôtel plutôt luxueux, avec la Wi-fi. Les rues étaient toutes aussi joyeuses et musicales que dans les autres villes, mais beaucoup plus remplies de touristes. La circulation était donc plus difficile. Nous avons décidé de continuer à oublier nos téléphones, et n’avons même pas essayer de nous connecter quelques secondes au Wi-Fi durant ces derniers jours de séjour. Après avoir visité la ville, découvert l’art de rue et fait un tour dans une vieille américaine, quelques personnes du groupe et nous avons décidé d’aller dans un bar à Salsa. Et là c’était assez impressionnant. Les filles devaient attendre l’invitation des hommes pour danser avec eux. Et tu avais beau leur dire que tu ne connaissait aucun pas, ils avaient la patience de te guider, de t’expliquer ! Et se laisser guider par un cubain pour danser la Salsa, autant dire qu’en dix minutes on a déjà l’impression d’être une pro !
Nous étions également dans la ville du guide, Rodolfo, qui a pu nous montrer tous les moindres recoins. Avec Pauline, on était tellement avides d’écouter toutes ses anecdotes, qu’il a fini par nous emmener faire le tour de la ville ! Ce qui nous a le plus marqué à La Havane, hormis la patience des cubains pour danser avec des novices, était les tarifs. Deux tarifs étaient affichés à chaque fois : un tarif touristes et un tarif pour les habitants. J’ai entendu dire que ce n’est pas le seul pays où ils font ça.
Ce fut une semaine intense et une belle leçon de vie. J’en garde un souvenir mémorable, car c’est exactement comme ça que j’imagine le bonheur : la légèreté et la spontanéité. Bien-sûr, ce n’est pas facile tous les jours pour eux, surtout pour les villes reculées qui doivent se suffire à elles-mêmes avec les ressources qu’ils ont. Mais ils profitent de chaque petit plaisir, ne se créent pas de besoins inutiles. Ils s’entraident, sont attentifs les uns aux autres et sont toujours aptes à discuter, à arrêter leurs activités pour prendre le temps d’échanger. Et même si nous, occidentaux, avons un niveau de vie beaucoup plus “confortable”, il nous manque ces petits plaisirs.
Road Trip Cuba

1 CUC = 1,04€

Il y a 2 monnaies à Cuba : le pesos cubano et le pesos convertible. En tant que visiteur, vous paierez en Pesos convertible.

Taux non exhaustif, qui peut varier en fonction des variations du taux de change. Pour convertir en direct, cliquez ici

Les incontournables​

  • Les cottages de Guajimico, tenus par des natifs qui peuvent donner des cours de danse et vous font de la cuisine locale extraordinaire si vous n’avez pas de van pour vous loger
  • La Casa de la Musicà à Trinidad pour s’enflammer sur les rythmes cubains endiablés
  • Le café Don Pepe à Trinidad, pour goutter la canchara, cocktail typique
  • Le restaurant San José pour goutter la cuisine locale, toujours à Trinidad
  • El Nicho, une ballade dans les montagnes pour finir avec une baignade dans une source d’eau turquoise
  • La dégustation d’un mojito fait maison sur les bords de plage de Cienfuegos devant un magnifique coucher de soleil
  • Les bars à salsa à La Havane, pour ensuite rentrer en taxi à bord d’une vieille américaine

Carnet de voyages

  • Éviter d’y aller pendant les mois de Juin, Juillet et Août. L’affluence de touristes est extrêmement importante, et surtout la chaleur étouffante, qui peut aller jusqu’à 50 degrés. Il vaut mieux y aller en saison sèche, entre Novembre et Mai.
  • Budget Avion : les prix en vacances scolaires sont très élevés pour aller à Cuba en avion, et encore plus en été. Hors-vacances, les prix chez Air France sont entre 950 et 1000 euros. Attention à bien prévoir la carte touristique, valable 30 jours, qui coûte 22 euros. Il y a une taxe de sortie obligatoire de 26 euros.
  • Les transports sur place : le bus (dans les villes touristiques) et le vélo sont les meilleurs moyens de transport. Pour la compagnie de bus grandes distances, c’est Viazul. Si vous voulez vraiment partir à l’aventure, il existe des moyens plus flexibles : le stop, encadré légalement à Cuba. Bien-sûr, les cubains vous demanderont toujours une petite participation financière. Dans les provinces, il y a également les camions (camiones), faisant office de bus. Des arrêts se trouvent un peu partout. Vous pourrez aussi profiter d’une calèche ou encore d’un taxi partagé.
  • Louer une voiture : c’est très simple à Cuba. Présentez votre passeport et votre permis de conduire, laissez une caution de 200 CUC en espèce ou en CB, et roulez ! Attention, à Cuba, chacun a son propre code de la route … Ce moyen de transport reste mon préféré, avec toute l’indépendance qu’il permet ! Surtout que c’est vraiment simple. Il faut compter environ 70 CUC (50€) par jour avec l’essence et l’assurance. Les agences sont ouvertes 24h/24Attention aux vols, qui arrivent souvent à Cuba ! Vous pouvez faire surveiller votre voiture pour 1 ou 2 CUC la nuit, ce qui n’est qu’1,50€ :). Le budget est plus élevé qu’avec la combinaison de tous les moyens cités, mais c’est un luxe qui vous permet la liberté et les coins insolites ;). Pensez à le réserver en avance, avant de partir !

Conseils pratiques

  • Penser à retirer de la monnaie à l’aéroport. Vous ne trouverez pas de bornes de retrait, et il faudra attendre d’être en ville pour aller retirer de la monnaie, accompagné de sa carte d’identité, dans une banque : il y a de l’attente, et ils ferment très tôt (dans les alentours de 15h). N’espérez pas non plus payer vos achats en carte bleue là-bas, même dans les grandes villes ! Gardez la pour la location de voiture.
  • Pour les budgets limités, vous pouvez profiter de la culture chaleureuse typique en dormant en Casa Particulares (chez l’habitant) ! Vous pourrez vous imprégner de leur culture, leurs habitudes et les cubains sont vraiment accueillants. Même si vous ne parlez pas leur langue, ils feront tout pour vous mettre à l’aise :). Sinon, il y a les hôtels, plus chers et qu’il faut réserver à l’avance.

Partir seule à Cuba ?

OUI ET NON
Personnellement, je ne le conseille pas. Nous étions 2 filles, souvent seules à se ballader loin du groupe, et nous n’étions pas toujours rassurées. Même si les cubains sont des personnes très chaleureuses, très ouvertes à la rencontre, certains peuvent mettre très mal à l’aise en reluquant les femmes dans la rue, souvent accompagné d’un petit commentaire. Je pense que seule, on peut vite se retrouver en position d’insécurité, aussi bien matérielle que corporelle. Alors si vous ne trouvez personne pour vous accompagner, préférez un voyage organisé, la réservation d’un guide ou faites attention à sortir dans des lieux fréquentés avec le moins d’affaires possibles : bars à salsa, cabarets, la casa de la musicà, les restos ou encore les bars dans les grandes villes. Les cubains ne sont pas des sauvages, mais on peut parfois être mal à l’aise et se gâcher le voyage à cause de ça.

Partir avec son chien

SIMPLE, MAIS ATTENTION AUX COUPS DE CHALEUR !
Tout dépend de votre chien, mais la chaleur de Cuba est assez intense, et humide. Pour son bien-être, il faudra être sûr qu’il ne soit pas tout le temps sous une chaleur étouffante. S’il est à poils longs, n’hésitez pas à lui faire un coupe d’été ! Je n’ai pas eu la chance d’emmener mon chien là-bas, comme mon voyage était avec un organisme, mais pour en avoir vu certains, ne vous inquiétez pas s’il s’avachit sur le ventre les 4 fers en l’air pour profiter de la fraîcheur du sol.
Mieux vaut éviter les escales, car vous devrez également vous adapter aux réglementations du pays dans lequel vous vous arrêtez, même si c’est pour quelques heures.
N’oubliez pas qu’il doit impérativement être tatoué ou pucé et avoir son certificat international de bonne santé réalisé par un vétérinaire une semaine avant le départ.
Quarantaine : Non, si absolument tout est parfaitement en règles
Vaccins obligatoires : Rage et maladie de carré
Budget : 60€ pour les papiers + surplus du billet d’avion + 23 € environ pour une consultation du vétérinaire arrivés à l’aéroport de Cuba.
Transport : En avion, se renseigner à l’avance auprès de la compagnie pour savoir s’il peut aller en soute (si son poids est supérieur à 5kg, il ne pourra pas aller en cabine). Réservez-lui son billet à l’avance !
Dans la plupart des cas, vous devrez consulter un vétérinaire une fois arrivés sur place. Le coût est entre 20 – 25 CUC.
J’ai découvert un super site, vraiment très complet, qui vous renseignera sur la plupart des pays du monde concernant votre chien. Le lien est ici.  Le site officiel de l’Association Internationale du transport Aérien est ici.

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