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Gérer l’isolement quand on vit et travaille en van

Écrit par Le Van Migrateur 25 mai 2020
Gérer l'isolement en van
15 min de lecture

Vivre et travailler en van, ça nous met un peu face à deux ressentis contraires : on se sent à la fois trop isolé du reste du monde et trop l’un sur l’autre donc pas assez seul. Eh oui, on aime tous les deux le voyage en van, la solitude et la vie sociale active. Trois choses qui nécessitent un peu d’organisation pour être compatibles ! Mais ça fait plusieurs mois que nous avons enfin réussi à trouver notre équilibre, après plusieurs années d’essais et de râtés. Vivre et travailler en van, ça demande un travail constant pour garder un moral à toute épreuve. Dans notre modèle d’activité, nous n’avons pas de collègues, ni de clients à rencontrer. On est juste tous les deux, et on bosse avec des amis freelance à distance. On va sûrement répéter quelques petites choses de notre article “comment on organise notre vie de digital nomad en van, mais les deux articles se complètent plutôt bien ! Cet article parle de notre expérience personnelle.




L’isolement de l’entrepreneur : un fait réel

Vie de freelance en fourgon

On commence à le savoir maintenant, être entrepreneur entraîne souvent un isolement important si on ne se prépare pas correctement, et si on ne prend pas les mesures nécessaires. Comme monter son entreprise est souvent un défi personnel qu’on a super envie de réaliser, on fera tout pour réussir. Même s’il faut y passer 100h par semaine et la faire passer en premier plan le temps que ça marche. Alors si on combine l’isolement de l’entrepreneur à l’isolement que peut parfois amener la vie en van, il faut savoir prendre des mesures pour ne pas tomber dans l’extrême.

L’isolement de l’entrepreneur …

Quand on lance une entreprise, on a tendance à travailler sans compter. Surtout si cette entreprise est dans un domaine émotionnel, et qu’on a absolument envie de la voir réussir pour pouvoir travailler dans un domaine que l’on aime. S’isoler, cela consiste à travailler un nombre très élevé d’heures, à ne parler de l’activité et des difficultés à personne ou à très peu de monde, à penser qu’on peut absolument tout faire seul sans rien demander à personne, mettre le travail en priorité avant tout le reste, etc.

C’est quelque chose d’assez dangereux pour l’activité finalement, car même si on pense que ceci est super productif sur le coup, on accumule de la fatigue et du stress tous les jours. Et la fatigue et le stress, surtout quand on n’écoute pas son corps, ça peut entraîner à long terme des choses pas très belles : état dépressif, mini burn out ou burn out total, envie de tout arrêter, abandon total de l’activité sous le poids de la fatigue, baisse de créativité, etc. Personnellement, je suis passée par tous ces états. Plusieurs fois. Jusqu’à ce que j’apprenne à m’écouter. Une journée de rush de temps en temps, c’est tout à fait normal. Voire une semaine. Mais quand c’est tout le temps, tout au long de l’année, ça fait rentrer dans une spirale qui finira forcément par exploser d’une manière ou d’une autre.

… Combiné au mode de vie en van

Si on s’amuse à s’isoler dans l’entrepreneuriat alors qu’on vit en van, ça peut vite devenir l’enfer. J’ai déjà testé ce combo gagnant dans les Landes, pendant que Pf travaillais en saison. Pendant 6 mois. Les saisonniers étaient très jeunes cette année-là, et nous étions logés dans un camping totalement excentré. Résultat : notre vie sociale était proche de zero, et je passais ma vie entre travail, lecture sous les pins, surf et yoga. Alors, certes, toutes ces activités sont absolument géniales. Vraiment, j’ai adoré ces 6 mois. Mais j’étais la plupart du temps seule, de temps en temps avec Pf. Quand j’étais dedans, ça ne me dérangeait pas vraiment plus que ça. Mais je me suis rendue compte que plus j’étais seule, moins les relations sociales étaient naturelles pour moi. Comme si l’isolement me faisait perdre toute ma capacité à m’intégrer dans un groupe. Vraiment, vous allez peut-être penser que je suis extrême de dire ça mais j’ai été choquée de voir à quel point ma capacité de sociabilité avait été touchée par ces quelques mois isolés. Et de retour avec tous les amis, j’avais du mal à me concentrer longtemps dans une conversation, j’étais vite submergée par les grands groupes, je ressortais d’une soirée entre amis exceptionnellement fatiguée, etc.

Et quand on vit en van en sédentaire, c’est assez facile de “tomber” là-dedans. Il est difficile de s’implanter dans une ville, il est difficile de trouver un endroit entouré d’amis qui vivent de la même manière, etc. On ne dit pas que c’est impossible, mais cela tient plus de l’exception que de la règle quand ta vraie maison de tous les jours, c’est ton van. Nous avons la chance d’avoir nos amis qui habitent en lisière de forêt, donc quand on revient dans notre ville d’origine, on est toujours super bien entourés, même en vivant dans la forêt. Mais ce n’est pas toujours le cas, notamment quand nous sommes en voyage.

Quand on est en mouvement en van, justement, c’est autre chose. L’isolement social est d’une part plus supportable, car le cerveau reçoit des informations en permanence grâce à la nouveauté quotidienne (et l’excitation qu’elle procure). Mais cet isolement social est aussi moindre. On est en mode découverte, on est donc de nature plus ouverts à la rencontre, à la découverte. Et puis, souvent, en voyage, on fait en sortes de rencontrer les super copains d’Instagram qui se trouvent dans le coin ! Ça donne toujours de superbes échanges, de superbes soirées et de supers moments.




Les erreurs qui créent l’isolement

Italie du Sud

Les erreurs qui créent l’isolement chez l’entrepreneur en fourgon, on les a toutes faites. Penser que se former est inutile, ne compter que sur soi-même, ne demander conseil à personne, ne pas lire des sources sur l’entrepreneuriat qui pourraient aider, oublier de sortir la tête de l’eau, etc. Personnellement, ma famille est passée au second plan tout le temps de mes études supérieures, soit 6 ans. Parce que je me cherchais, et que je passais des heures en plus de mes cours à tester des activités entrepreneuriales, à les lancer, à essayer d’en vivre, puis à réessayer, etc. Je ne dis pas que je regrette, mais je me consacrais sans arrêt à ça. Même quand mes amis venaient regarder un film à la maison, je travaillais devant ! Et je refusais que quelqu’un mette le nez dans mes affaires, car j’avais l’impression de devoir tout expliquer, et donc de perdre mon temps. Je voulais que ce soit fait à ma manière, et pas autrement !

Ne pas demander de conseils

C’est en s’entourant des meilleurs qu’on devient meilleur à notre tour. Même si la sensation d’être nul à côté de certaines têtes est assez désagréable voire stressante (Ok, alors pour être aussi bon que lui je dois faire ça, ça, ça et ça et … Oh purée, j’ai du boulot), c’est le meilleur moyen de progresser. Par exemple, après avoir ramé plusieurs années, je me suis inscrite dans la première promo de LiveMentor. C’est la première fois que j’entrais dans un vrai cercle de freelance, et je m’y suis vraiment investie. Je participais aux Lives, je prenais des coaching avec les mentors, j’échangeais avec des freelances … Et, devinez quoi ? C’était en 2017, et c’est avec eux que j’ai lancé Le Van Migrateur, un blog que je rêvais de faire depuis des années. À l’origine, ce blog avait pour objectif d’être une vitrine pour mes futurs clients, pour montrer que je savais animer une communauté, que je savais écrire, que je gérais le graphisme, que je gérais wordpress. Mais alors que je remplissais le blog de contenu, que je m’occupais du compte Instagram et du compte Facebook tout en essayant de lancer mon activité de freelance en montrant ma vitrine de #Vanlifeuse, je me rendais de plus en plus compte que créer du contenu était vraiment ce qui me plaisait par-dessus tout. C’est cette communauté (donc vous, coeur avec les doigts) qui m’a aidé à comprendre comment vivre de ce contenu. Bref, tout ça pour dire que sans eux, je serais encore en train de galérer à trouver des clients pour un travail que je n’aimais pas spécialement faire (j’en parle dans mon article Comment on organise notre vie de freelance en van).

Ne pas lire de sources traitant de l’entrepreneuriat

J’ai encore un peu de mal avec ce point-là. Je n’ai pas encore trouvé de source que j’ai envie de lire. Car on parle soit de solutions miracles pour devenir riches (je n’ai jamais cliqué sur un seul de ces titres), soit des sources qui sont trop éloignées de ma (notre) problématique. On est tellement partis dans tous les sens en suivant le modèle qui nous convenait à nous, sans suivre de ligne prédéfinie, que je nous retrouve peu dans la plupart des articles. En tout cas, pour l’activité en elle-même. D’ailleurs, si vous connaissez des sources sympas, on les veut bien en commentaire !

Et si je suis mauvaise élève dans ce domaine-là, c’est que j’aime beaucoup trop passer du temps à me former. Que ce soit dans le domaine du bien-être, des médecines naturelles, de la psychologie ou même de l’aménagement de fourgon, j’ai une liste d’au moins 30 livres par domaines en file d’attente. Et dès que j’en ai fini un, j’en ai un autre qui se rajoute. J’ai donc beaucoup de mal à organiser mon temps de ce côté-là.

C’est un de mes objectifs de cette année en tout cas : trouver des sources qui me conviennent et les ajouter dans mon feedly ! 🙂

Oublier de sortir la tête de l’eau

Alors ça, j’ai mis plus de 5 ans à arrêter de faire cette erreur ! Je suis passée par des phases tellement basses, complètement vidée de toute créativité ! Je ne les revivrai pour rien au monde, car si on devait décrire le cauchemar de l’entrepreneur, je pense que je pourrais le décrire grâce à ces moments de doute, de désespoir, d’envie de tout abandonner… Cette impression d’avoir perdu son but, son objectif de vie. Vraiment, c’est dur.

Mais je me suis rendue compte qu’à chaque fois que je me lançais dans une entreprise, je ne me consacrais QUE à ça. Même si je voyais beaucoup mes amis et ma famille, je n’avais JAMAIS la tête avec eux.

Tout s’est arrangé quand, il y a maintenant 2 ans, je me suis rendue compte que travailler 50h par semaine était contre productif (peut-être que si j’avais lu plus de sources sur l’entrepreneuriat, je m’en serais rendue compte avant…). J’ai commencé à tester plusieurs routines, pour arriver à celle d’aujourd’hui qui me convient le mieux, et qui est parfaitement compatible avec la vie en van (j’en parle dans l’article Comment on organise notre vie de freelance en van). Et cette routine, elle est composée de 4h de travail par jour, l’après-midi (quand je sais que je suis le plus productive). Et si je sais que je vais avoir besoin de plus, je picore 2h sur le matin (c’est vraiment exceptionnel). C’est plutôt représentatif des périodes d’organisation du Vanlifest, par exemple). Mais le matin est consacré à ce que j’appelle du temps de qualité. Du temps qui m’est consacré, à moi et rien qu’à moi. Du temps que je prends pour réaliser des activités que j’aime : lire, yoga, surf, chevaux, aquarelle… Bref, du temps pour moi ! Et je m’arrange pour avoir une activité engageante à 18h, pour éviter de continuer à travailler trop tard.

Le mieux, c’est de tester plusieurs routines et de trouver celle qui vous convient à 100%, et qui a aucun moment n’est source de stress.




Les solutions pour lutter contre le double isolement

Remise en question vie en van

Par double isolement, j’entends celui de l’entrepreneuriat ET celui de la vie en van. Je vous partage ici les solutions qui ont bien fonctionné pour nous.

Les solutions géographiques

Le Vanlifest 2019

Le mieux reste quand même de voyager, quand on vit en van. Et, en fonction des saisons, il est possible de rencontrer pleins de voyageurs sur la route. On s’est rendu compte que quand ça accroche vraiment avec des vanlifers croisés en cours de route, on pouvait vite passer quelques jours, voire semaines, ensemble ! Et des rencontres, comme ça ou plus courtes, ça peut nourrir notre besoin social pour plusieurs semaines.

Les périodes sédentaires, on s’arrange toujours pour les passer à moins de 30km de nos amis et de notre famille. Vraiment, c’est important. Car on a beau dire que la vie en van, c’est le rêve, si on reste l’un sur l’autre, sédentaires, et en plus sans personne à voir : on devient de vrais légumes! Par exemple, on s’imaginait très très mal vivre notre confinement sur le parking bétonné de mes parents, avec comme seul terrain de jeu les contours d’un bassin de rétention. On se voyait également très mal aller sur une aire de camping-car. Nous avons donc décidé de rester chez les amis qui ont gardé notre fourgon pendant le voyage en Inde. C’est un domaine de plusieurs hectares, nous sommes confinés à 13 au milieu de nulle part, et nous sommes entourés de chevaux et d’animaux. Et, devinez quoi ? Je m’épanouis 1000 fois plus comme ça ! Pourquoi ? Car on a des interactions sociales tous les jours, j’ai pour responsabilité de m’occuper d’un poulain, et on se sent utiles et solidaires au sein d’une communauté. Ça compense largement un paysage de rêve ! On a eu le luxe de choisir cette solution, et on a été très reconnaissants de pouvoir vivre un confinement confortable.

La solution géographique idéale, selon nous, si on vit de manière sédentaire en van et qu’on doit passer la majeure partie de la journée à travailler dedans, c’est donc de s’installer proches d’amis ou d’activités à faire où il est possible de rencontrer du monde (cours de sport, cours de surf, surf, ville balnéaire animée, etc.)

Les solutions quotidiennes

Quotidiennement, il peut être difficile d’avoir la motivation de se lever pour passer du lit à la banquette pour travailler. Il peut être tout aussi difficile de se préparer si c’est pour travailler dans le lit car il n’y a pas de banquette dans le van ! Nous avons trouvé comme solution de faire en sorte que la première activité de la journée soit à l’extérieur du fourgon. Cela nous oblige à nous préparer, et à sortir du van. On change l’activité en fonction du lieu, mais pour donner des exemples cela peut être : le yoga, le surf, la course à pieds, une grande ballade avec Laskar, lire au bord de la plage, marcher dans l’eau, aller aider un voisin, etc.

Le seul moyen que nous avons trouvé de cadrer nos journées est de prendre des engagements avec des personnes extérieures quand nous sommes sédentaires, et de faire des activités extérieures le matin quand nous sommes en voyage. Prendre des engagements avec des personnes extérieures, cela peut-être tout simplement un apéro, qui nous oblige à arrêter de travailler ! Cela peut aussi être une ballade en forêt le matin si vous avez des amis matinaux.

Les solutions numériques

Il peut être intéressant d’intégrer des groupes d’entrepreneurs de manière générale, mais aussi des groupes dans votre domaine d’activité. Cela permet d’échanger les points de vue avec d’autres personnes, ou même de lire des choses auxquelles vous n’auriez peut-être jamais pensé.

Il ne faut pas trop abuser de ces solutions non plus, selon moi, pour garder du temps pour être plutôt dans la réalité. En tant que digital nomad, je pense qu’on passe déjà bien assez de temps sur les écrans ! Mais parfois, en voyage par exemple, le manque de vie social nous laisse plus de temps pour ce genre de chose, alors pourquoi pas en profiter !




Et vous, quelles sont vos solutions pour ne pas devenir fou à force d’être trop souvent dans le van sans voir personne ?

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2 commentaires

Marie 25 mai 2020 at 13 h 40 min

Super article ! Je ne vis pas en van mais en tant que journaliste freelance, l’isolement est quelque chose que je peux ressentir régulièrement malgré tout, alors que je vis avec mon copain, sort souvent entre amis… mais le fait de ne pas interagir avec des collègues autrement que par mail/téléphone, ça peut être un peu lourd !
J’organise un peu mes journées comme toi, sauf que je bosse plutôt le matin et fait ce qu’il me plait l’après-midi, c’est dur de trouver son rythme mais petit à petit ça viendra 🙂
Merci pour cet article !

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Le Van Migrateur 1 juin 2020 at 9 h 52 min

Merci pour ton joli retour Marie <3
Ne pas avoir de collègues est quelque chose qui est dur à gérer oui, on est en train de réfléchir à des solutions pour contrer un peu tout ça ... Car au bout de 3 ans ça devient compliqué !

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