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Comment notre voyage en Espagne s’est transformé en véritable enfer

Écrit par Le Van Migrateur 5 décembre 2017
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13 min de lecture

Aujourd’hui, nous n’allons pas vous parler beaux paysages et n’allons pas partager des photos qui font rêver. Tout simplement car notre dernier voyage en Espagne, fin août, nous a obligé à rester sédentaire plus de 3 mois. Pour à peine 10 jours passés en Espagne. Pour ceux qui nous suivent, vous avez déjà pu avoir un aperçu rapide de tout ce qu’il a pu se passer durant ce voyage … Mais on vous raconte tout en détail ici. L’Espagne nous a un peu tué, mais nous remontons la pente et nous en sommes presque sortis aujourd’hui. 

Une aventure aux allures parfaites

Road Trip Espagne

Road Trip Espagne

Comme nous en avons parlé sur notre article racontant notre Road Trip en Espagne, nous étions partis de Paris pour aller au Portugal entre potes. Nous avions décidé de faire un détour par des endroits phares de l’Espagne : Gaztelugatxe, Las Medulas, et le désert dans lesquels ont été filmés de nombreux films spaghettis. Nous en avons pris plein les yeux ! Nous n’allons pas vous raconter une deuxième fois à quel point le Nord de l’Espagne nous a surpris. C’est à la fois magnifique, accueillant et chaleureux.

Un dépannage jovial

Les galiciens avaient d’ailleurs été tellement accueillants avec nous que nous étions dans une dynamique de totale confiance. Mais au moment où nous sommes tombés en panne sur l’autoroute 4 jours après être partis, tout a basculé. Le cauchemar sans fin a commencé. Mais nous étions loin de nous douter de tout ce qui allait se passer.

La panne s’est manifestée par l’allumage du voyant moteur, coupant automatiquement le contact du van. Nous avons donc du appeler une dépanneuse, que nous avons attendu dans un café plutôt sympa autour d’une petite bière fraîche. Notre assurance a été très réactive, et le dépanneur est arrivé en 30 minutes, suivi d’un taxi.

Tout feu tout flamme

Le dépanneur a déposé notre van dans un garage Renault. Nous l’avons suivi en taxi, et avons du attendre 1h au garage, sans aucune nouvelle. Une fois cette heure écoulée, le garage Renault nous annonce qu’ils ne prennent pas en charge les fourgons, et qu’il va falloir emmener le véhicule dans un garage situé à 30 minutes.

Seulement, durant cette heure-là, un incendie s’est déclenché à 1 kilomètre du garage Renault, et il était bien évidemment situé entre les 2 garages. Pour pouvoir amener le fourgon chez J. Varela Cortegada, il fallait passer devant un mur de grosses bouteilles de gaz, menaçant d’exploser à tout moment à travers la fumée noire épaisse de l’incendie qui n’était maintenant plus qu’à quelques mètres. Les habitants couraient pour essayer d’échapper à ce feu géant.

Incendie au Portugal

Incendie au Portugal

Finalement, le van est arrivé à bon port. Les garagistes Espagnols ont lancé l’ordinateur pour faire le diagnostic, mais nous n’avons malheureusement pas pu avoir de réponse avant le surlendemain. Un taxi nous a donc amené à l’hôtel que l’assurance nous avait réservé, à Balneario (Provencìa d’Ourense). Ce taximan a d’ailleurs été une rencontre incroyable : Manuel de Vasquez, parlant légèrement français, débordant de bonne humeur !

 

Un sourire et deux coups de marteau

Après 2 jours passés à l’hôtel, que nous vous racontons dans l’article sur notre road trip en Espagne, les nouvelles tombent enfin : une fuite des tuyaux de gazole ! Il suffit simplement de les changer, et le tour est joué ! Nous acceptons donc les réparations proposées par le garage, heureux que ce ne soit pas plus grave. Nous avions imaginé les injecteurs, au vu des symptômes, mais ce n’était finalement pas ça. Très souriants, accueillants et patients avec nous, nous avons accordé notre totale confiance à ce garage espagnol pour les réparations.

Une fois les réparations terminées, nous allons payer la secrétaire en cash (234 euros), qui nous souhaite bon voyage avec un gigantesque sourire aux lèvres. Nous repartons donc, confiants. À ce stade, il était déjà trop tard pour nous pour aller au Portugal. Nous avions donc décidé de reprendre la route, doucement, vers Paris. Nous étions heureux : les 3 jours passés dans la grande ville galicienne d’Espagne ont été géniaux, et nous avons pu en profiter pour goûter aux spécialités locales ! En plus, sans cette panne, on n’aurait jamais pu croiser José Garcia en train d’acheter  des baskets avec sa femme dans une ville de Province dans le Nord de l’Espagne … !

La route vers l’enfer

Une histoire qui tourne en boucle

Nous repartons donc, le coeur léger, vers Paris. Et là, boum. À peine 50km plus loin, au détour d’une nationale, nous voilà de nouveau en panne. Avec les mêmes symptômes. Une fois la petite crise de nerfs passés, nous nous sommes décidés à appeler nos amis qui s’y connaissent en mécanique et l’assurance : que faire dans ce cas là ? Nous n’avions pas le choix : si nous voulions que l’assurance continue de nous couvrir, nous étions obligés de retourner dans le même garage. Après avoir essayé de négocier pour faire rapatrier le camion en France et le faire réparer là-bas sans succès, nous revoilà dans la même galère : on attend la dépanneuse et le taxi.

Une fois arrivés au garage, nous avons décidé de rester courtois et souriants. Après tout, cela pouvait être une erreur banale : oubli de réinitialiser l’ordinateur, petit problème de tuyau, etc. Bref, nous nous sommes dit : les erreurs, ça peut arriver à tout le monde. S’énerver contre le garagiste ne servirait à rien.

Un diagnostic sévère

Nous avons donc du retourner à l’hôtel pour une nuit, le temps que le garage Espagnol (re)fasse son diagnostic. Manuel, le taximan, nous a suivi tout au long de cette aventure, et a rendu ce cauchemar un peu plus agréable ! Il nous a trouvé un hôtel dans sa ville natale, pas loin du garage, où l’ambiance et la (très) bonne bouffe étaient au rendez-vous. Nous avons donc pu découvrir un bout de la Galice par lequel nous ne serions jamais passés avec le van : un bon point qui nous redonne le sourire.

Le lendemain matin, le diagnostic du garage tombe : 3 injecteurs sur 4 ont lâché. Deux choix se proposent à nous :

  • Accepter les réparations pour pouvoir repartir avec le van et être couverts en cas de mauvaises réparations, puis choisir le rapatriement (les réparations allaient prendre plus de 2 semaines, l’assurance ne pouvait nous promettre un hôtel que pour 7 jours).
  • Ne pas accepter et nous retrouver avec un van qui ne roule pas sur les bras, plus du tout couverts par l’assurance.

Une attente interminable

Finalement, nous n’avions pas vraiment le choix : nous avons vidé le van, fait la liste des affaires qui sont restées dedans, puis nous sommes repartis en voiture de location vers la France. 1 500 km en une seule fois, à deux conducteurs. Et notre van est resté en Espagne, du 1er au 22 Septembre. Nous n’avons pas eu de nouvelles pendant ce temps-là. Un simple SMS de l’assurance nous prévenant que les réparations étaient faites, et nous sommes partis en voiture de location (prise en charge) pour récupérer notre maison roulante le 22 septembre. Heureusement que l’excitation d’aller récupérer notre maison sur roues nous a permis de tenir les 3000km aller-retour en moins de 3 jours. Nous pensions en avoir terminé, et nous en être sortis pour un montant raisonnable : 1400 euros pour le changement de 4 injecteurs et de tous les tuyaux de gazole. Un peu galère cette histoire, mais nous nous sommes dit qu’on était chanceux, finalement !

Le cauchemar commence

Ce voyant rouge nous a suivi jusqu’en France

Nous voilà enfin arrivés chez nous, dans notre lit douillet. Quelques nuits de 9h nous ont permises de récupérer notre manque de sommeil. Nous avons pu recommencer à faire des projets : partir en Bretagne, aller voir le lac de Plitvice gelé en Croatie, refaire quelques travaux dans le van, etc.

Et là, reboum. 100km à peine faits avec notre van en France (en plus des 1 500 km Espagne – France), et voilà que des bruits de coups de marteaux frappent dans le moteur, accompagnés de notre voyant moteur rouge préféré. Il était 20h quand c’est arrivé, et nous étions à 5Km de chez nous : impossible de se faire dépanner sans payer (nous n’avions pas l’assurance 0km), et impossible de passer par l’assistance Macif. Nous avons donc appelé notre garagiste, qui a eu l’immense gentillesse de venir nous chercher avec sa petite dépanneuse, sur laquelle le van tenait à peine.

Le diagnostic surprenant du garagiste français

Le lendemain, le garagiste français nous a appelé pour nous annoncer un diagnostic assez surprenant : panne d’injecteurs, les joints ont pété, les pas de vis sont abîmés, et tout est encrassé à cause de la fuite de gazole. Panne d’injecteurs après les avoir fait réparer en Espagne ? Étonnant ! Le garagiste français s’est mis dans un sacré état, en disant qu’une réparation aussi mal faite était plus qu’inacceptable ! Il nous a demandé si nous voulions qu’il répare ce problème, et nous avons innocemment dit oui : nous n’allions pas laissé notre van chez le garagiste éternellement, non ? Réparations faites, nous reprenons notre van, après avoir déboursé de nouveau plus de 1000 euros. La situation financière commence à devenir très critique …

Et l’assurance, dans tout ça ?

Nous prévenons l’assurance de tout ce qu’il s’est passé, pour bénéficier de l’assistance juridique, être couverts, et ainsi être remboursés des réparations espagnoles (très) mal faites. Et là surprise : l’assurance ne prend rien en charge, mais l’assistance, oui. En effet, c’est l’assistance qui nous a emmené dans ce garage ! Un vrai casse-tête. Après avoir été trimballée de service en service, je sais maintenant une chose : je peux faire un recours à l’assistance, qui se mettra en contact avec le garagiste espagnol, pour un accord à l’amiable. Mais l’assurance, elle, pourra me couvrir juridiquement en cas de refus de coopération de la part du garagiste espagnol avec l’assistance.Ok, tout va bien ! Vous êtes perdus ?  Vous allez comprendre.

Après un coup de fil à l’assurance, je me rends compte avec désespoir que je ne bénéficie pas de l’assistance juridique. “Par contre, si vous voulez, vous pouvez nous poser des questions concernant la justice, nous vous y répondrons”. Là, c’est le moment où j’essaie de rester calme ! Nous avons donc négocié (très) dur pour bénéficier de l’assistance juridique de façon rétroactive. Nous avons fini par l’obtenir, et avons ouvert un dossier sans lancer de procédures. Pour le moment, c’est l’assistance (et non pas l’assurance) qui est en négociation avec le garagiste espagnol. Nous attendons sa réponse avant de nous lancer dans de longues procédures.

Un cycle qui ne s’arrête plus : l’effet papillon est lancé

Nous reprenons notre van, et le cours normal de notre vie avec. Et je me souviens exactement de ce moment (Luce), où j’allais chez des amis et que PF se rendait à un match de foot. Il m’a appelé, et quand j’ai vu son numéro s’afficher, mon coeur a tressauté : le van est encore en panne, c’est sûr. Et Bingo !! La même panne, encore : voyant rouge, bruits de marteaux, mais cette fois accompagnés de fumée blanche. On s’imagine le pire : la culasse. On se voit déjà devoir mettre notre van à la casse par manque de moyens pour le réparer.

Un avis d’expert faussé

Et devinez quoi ? C’est arrivé à 10km de chez nous ! Encore un joli chèque de 300 euros pour le dépannage ! Cette fois-ci, c’en est trop. Nous demandons à l’assurance comment nous y prendre pour faire un recours à la justice. Cette démarche doit commencer par l’intervention d’un expert. Cette intervention pourra permettre de mettre en cause la responsabilité du garage Espagnol dans cette histoire. Même si toutes les preuves étaient contre lui : 2 pannes à la suite à moins de 50km d’écart en Espagne, injecteurs qu’il avait du réparer qui lâchent 1600km après la réparation, garagiste français scandalisé par l’ampleur des dégâts causés par les réparations, l‘avis d’expert est obligatoire. Pas de soucis nous sommes confiants. Encore une fois, beaucoup trop vite ! L’expert n’a pas pu engager la responsabilité du garagiste espagnol, comme le garagiste français a réparé par-dessus. Là, on commence à se dire que tout est contre nous. Nous en sommes déjà à plus de 3 semaines de bataille, 2 semaines sans notre van, et 2700 euros de dépenses.

Le garage espagnol s’en sort

L’avis d’expertise est transmis au garage Espagnol, qui ne voit donc aucune raison de nous rembourser, comme sa responsabilité n’est pas engagée. Un geste commercial n’est pas non plus envisageable. Pourquoi nous crions à l’arnaque ? Tout simplement car le garagiste espagnol nous a promis de changer les injecteurs avec un échange standard (c’est-à-dire de les changer contre des injecteurs réparés), mais qu’il ne l’a pas fait. Il a bidouillé nos injecteurs pour qu’ils puissent tenir la route : du bricolage, pour un montant de plus de 1000 euros !

Nous nous retrouvons donc aujourd’hui avec des réparations qui se sont élevées à plus de 3000 euros, aucun recours possible, et 4 injecteurs réparés par notre garagiste français, mais loin d’être neufs. Un peu embêtant, non ?

Pour vous résumer la situation :

 

Comment éviter tout cela ?

Nous avons fait de nombreuses erreurs dans ce processus. L’envie d’aller trop vite ? Non. Nous avons simplement été très mal guidés. Nous avons été déposés dans un garage véreux, et nous aurions pu éviter cela si nous étions mieux informés. Mais comment ?

  • En insistant auprès du dépanneur pour être déposé dans une concession Renault (notre van est un Renault Master), kit à payer le surplus de Km,
  • Si ce n’était pas possible, au minimum rester à côté du garagiste pendant les réparations,
  • En ne touchant à RIEN après la première panne qui s’est produite en France. Si le garagiste français n’avait pas fait les réparations (ce qu’il n’aurait pas du faire, étant donné qu’il avait connaissance de l’histoire avant de commencer les travaux), nous aurions déjà été remboursés de l’intégralité de la somme dépensée en Espagne,
  • Il faut être un minimum renseigné sur les pannes possibles et les pièces moteur de votre véhicule. Arriver dans un pays étranger sans parler la langue, et en n’y connaissant rien, incites les personnes mal intentionnées à aller toujours plus loin.
  • Toujours passer par son assurance pour les réparations dans un garage. Même si vous avez possibilité d’aller dans un garage par vous-même, il est moins risqué de demander à votre assurance de vous emmener dans un garage agréé.

Où en sommes-nous aujourd’hui ?

Nous n’avons RIEN lâché. Notre van est resté au final immobilisé presque 9 mois. 9 mois pendant lesquels nous avons du garder un appartement cher, dans lequel on ne voulait pas rester plus de 6 mois à la base. Nous avons insisté auprès de l’assistance pour avoir des nouvelles des avancées régulièrement. Diagnostic final : le garage français nous a remboursé la facture et le garage espagnol nous a remboursé le prix des 4 injecteurs (600 euros seulement sur les plus de 2000). Mais nous avons gagné le combat final : l’assurance n’enverra plus ses assurés dans ce garage !!


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6 commentaires

Okaïly 7 mai 2019 at 19 h 07 min

Merci de ton témoignage .. une vanlifeuse avertie en vaut deux …
Et en ce qui concerne le “dongle diagnostic moteur” … vous avez eu des infos, en possédez vous un à présent ?

Reply
Frederic 1 février 2019 at 10 h 48 min

salut à vous’
Concernant le van, vous devriez’ si je peux me permettre, vous munir d’un petit dongle de diag moteur, avec le logiciel qui s’instale sur smarthphone ou pc.
Cela aurait permis dans un premier temps de cibler la panne et éviter de vous faire saigné,
concernant la profession de garagiste il y a aujourd’hui plus de bricoleurs que de bon pro, le constat est dur mais c’est une triste réalité 🙁
Bonne continuation à vous les vanlifeurs.
Fred.

Reply
Le Van Migrateur 4 février 2019 at 15 h 38 min

Hello Fred,

Oui, on en a entendu parler. Il me semble que c’est 90 euros et sous forme de clé USB c’est ça ?
D’ailleurs, si tu as des infos on est preneurs car c’est un achat qu’on compte faire 🙂

Merci beaucoup !

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Comment nous sommes sortis d'un découvert de plus de 900 euros en 3 mois - Le Van Migrateur 2 janvier 2018 at 13 h 59 min

[…] savez que nous avons eu de grosses difficultés avec notre van suite à une arnaque dont nous avons été victimes après des réparations effectuées sur les injecteurs en Espagne. […]

Reply
Julien 6 décembre 2017 at 21 h 00 min

Et bien! Une sacrée galère ?
Il y a plus qu’a apprendre la mécanique, pour la prochaine fois ?

Reply
Le Van Migrateur 8 décembre 2017 at 20 h 21 min

Grave c’est ce qu’on se dit ?

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