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La vie en van, c’est parfois épuisant

Écrit par Le Van Migrateur 22 février 2019
La vie en van, c'est épuisant
11 min de lecture

Aujourd’hui, ça fait presque un an qu’on a commencé à aménager notre Kirikou pour vivre dedans à l’année. Et donc 11 mois, à quelques jours près, qu’on vit vraiment dedans tous les jours ! Et avec le recul, on peut le dire : la vie en van est bien plus fatigante que la vie en appartement/maison. Si on arrive à tenir, et à aimer cette vie, c’est qu’elle nous fait du bien au moral (et vraiment). Sinon, comment est-ce qu’on arriverait à être heureux avec un nouveau problème à régler tous les deux jours, la douche qui n’est plus le petit moment sympa et détente de la journée mais plutôt le parcours du combattant (on exagère un peu, on l’aime notre douche), et on en passe … ? Nous recevons beaucoup de soutien de personnes inspirées par la vanlife et qui envisagent d’en faire leur future vie. C’est formidable, l’enthousiasme qui plane autour de la vie en fourgon, mais il faut savoir que ce n’est pas tous les jours facile. Vivre sur la route, c’est incroyable. Par contre de temps à autre, c’est fatigant. Ici, on vous parle de notre vécu et de nos petits coups de fatigue. D’autres vanlifers, ne connaissent peut-être jamais de coup de pompe… Bien qu’on en doute 🙂 Parce que la vie en van, c’est épuisant. Mais on ne l’arrêterait pour rien au monde !

Vivre dans une l’incertitude, peut devenir une cause de fatigue.

Honnêtement, c’est possible ! Se faire comprendre quand nous sommes à l’étranger, s’adapter à la météo (en van, on vit la météo à 100%!), faire face aux caprices du véhicule,  c’est parfois pénible, chiant, barbant, pesant et tout ce que vous voulez. Toutes ces petites choses, quand elles s’accumulent, peuvent nous faire changer de plans du tout au tout. Ces incertitudes, elles jouent sur le mental, sur le moral et parfois sur le physique. Pourquoi ? Eh bien, quand tu cogites, tu dors mal, tu irrites ton partenaire de voyage et parfois ça pète ! Comme dans la vie classique finalement. C’est sûrement la rançon de vouloir vivre l’aventure tous les jours … Il faut accepter que la vie en van ne soit pas tous les jours digne de photos Instagram, qu’il y ai des jours barbants et sans excitation et sans aventure, et qu’il arrive de s’ennuyer

 

Être ingénieux pour gagner de l’argent tout en roulant, attention à l’épuisement.

La vie en van, c'est épuisant

Gagner de l’argent est sans aucun doute la chose la plus compliquée en étant nomade. Attention, on n’est pas là pour faire peur, mais il y a des sacrifices à faire pour remplir son compte. Lucile a tout misé sur une activité en freelance-digital nomade et croyez moi, elle s’est donné à fond ! Des grosses journée pour l’ebook, le blog et ses clients jusqu’à des craquages de nerfs plus ou moins réguliers. Pour ma part, j’ai choisi l’option « saisonnier », c’est moins glamour que freelance, mais ça rapporte aussi ! Mais maintenant que je vois que Lucile arrive à décoller en tant que freelance, je m’y lance aussi pour essayer ! En clair, il faut s’accrocher, comme dans une vie professionnelle classique. Les clients ne tombent pas du ciel, les contrats saisonniers non plus et ce sont souvent des semaines à plus de 35 heures… Ce qui nous fait tenir ? On fait tout ça pour nous, et chaque petite victoire nous redonne la force d’avancer pour plusieurs mois ! Le freelancing, c’est des hauts et des bas, des bons et des mauvais moments, mais on adore ça

Au début, on avait du mal à trouver notre rythme. Après la première saison de PF, on a décidé de faire un tour de France pour faire des reportages sur les vanlifers qui ont aménagé leur van eux-mêmes. C’était absolument génial, mais le côté freelance était laissé complètement de côté à ce moment là. On ne peut pas tout faire à la fois ! Le mois de Décembre passé, ça devenait évident qu’on n’arriverait pas à tenir plus longtemps en hiver en van. Mi-janvier, nous sommes donc partis à la recherche du soleil, au Portugal. Au départ, PF était en mode “Road Trip” et Lucile à fond pour lancer son entreprise avec l’objectif de dégager un salaire mensuel avant Avril. Un énorme challenge ! La différence de mentalité a créée des étincelles, des disputes, on n’arrivait pas à trouver notre rythme de croisière … Je n’en pouvait plus que Lucile reste enfermée un jour sur deux pour “faire la geek” et Lucile n’en pouvait plus de me voir roder autour d’elle d’un air impatient.  On s’est donc rendus à l’évidence : il faut un minimum d’organisation pour voyager de cette manière. En tout cas, pour nous. Il y en a sûrement qui y arrivent en y allant à l’arrache. On a donc acheté un petit agenda à 2 euros et on a fait notre itinéraire en fonction de ce qu’on voulait voir, et des endroits où je pourrais aller faire de la randonnée pendant que Lucile travaille. Les contraintes : Lucile doit avoir 20h par semaine consacrées au boulot, et le reste pour visiter, randonner, surfer, etc. Depuis, tout se passe à merveille et c’est beaucoup, mais alors beaucoup moins épuisant !

 

Essayer de consommer convenablement, c’est parfois assommant.

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Consommer bio, acheter local, faire ses emplettes en fonction de notre santé et de la planète et parfois, c’est harassant ! Car on a des envies, on cogite dans les rayons et au final, on se prive… Craquer une fois de temps en temps, c’est vital. Pendant 6 mois, on a suivi tous les conseils du monde pour devenir des consommateurs « éco-résponsable-éthique ». Au début, ce sont de sacrés noeuds au cerveau. Mais une fois les bonnes habitudes prises, ça roule tout seul ! Nous sommes conscients qu’une consommation raisonnée est vitale pour la survie de la planète et notre bien-être, mais le craquage, c’est pour nous essentiel pour lutter contre les petits coups de mou ! Notre crédeau : ne pas chercher à être parfait, mais faire de notre mieux ! 

 

Une gestion de la saleté journalière, ça peut devenir usant.

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Ici, on ne parle pas d’hygiène personnelle, mais de celle du van, notre maison. Dans un petit espace de vie comme le nôtre, il faut savoir que notre niveau de confort est étroitement lié à la propreté de Kirikou. On a beau faire le maximum, tout ranger et nettoyer, et bien sachez qu’une poussière ou un grain de sable traînera toujours ! Depuis le début de notre road trip, on essaie de lâcher un peu prise là-dessus mais c’est difficile. Donc, parfois, on passe une dizaine de fois le balai dans la journée, on range le van à fond 3 fois par semaine, on veut faire la vaisselle immédiatement après le repas… Et c’est usant ! Cette fatigue, elle ne vient pas d’une fainéantise accrue, mais notre esprit compulsif lié à la propreté absolue. Pour se rendre la vie un peu plus cool, on essaye quand même de se laisser aller de temps à autre.

Vivre pour 3 dans un espace réduit, certains jours, c’est lassant

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Ne vous inquiétez pas tout va bien ! Mais parfois, la vie à 3 dans un 5 mètres carré c’est un peu compliqué. Par exemple, c’est dur quand la mauvaise humeur de l’un déteint sur l’autre, surtout par mauvais temps. C’est également gênant, quand l’un de nous travaille sur le siège du bureau et que l’autre veut utiliser le WC ou la douche se trouvant sous ce fameux siège ! Par conséquent, de temps en temps, l’un de nous laisse le van à l’autre durant quelques heures s’il en ressent le besoin. C’est une des raisons pour laquelle on souhaiterait passer à un van plus grand. On sait que les problèmes de fond resteront les mêmes, et que le besoin d’espace se fera quand même souvent ressentir. Mais, pour vivre tous les jours, ça améliorera un peu le quotidien !

Le manque d’attention sur l’alimentation, synonyme de coup de pompe ?

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Inévitablement, lorsqu’on voyage en road trip, on fait des choix en conséquence de notre budget et parfois cela joue sur ce que l’on met dans notre panier ! On sait tous que l’alimentation est un facteur jouant de notre bien-être et ce n’est pas parce qu’on voyage qu’on doit négliger cet aspect pour autant. Manger des cochonneries de temps en temps, c’est cool quand tu n’as pas le moral ou que tu fêtes quelque chose… Mais il ne faut pas en abuser et on vous explique pourquoi. Au début, on était euphorique de cette vie nomade, de ce fait, on se faisait des apéros, des repas sandwichs et des gloutonneries de junk food au moins 3 fois par semaine ! C’était cool, mais au fil temps, on a commencé à ressentir des effets néfastes… Des réveils difficiles, de l’irritabilité et une mauvaise qualité de sommeil squattaient notre quotidien. Par conséquent, pour contrer cette spirale, on a réduit nos excès en chérissant les fruits et légumes tous les jours ! En France, ce style de vie est extrêmement facile à adopter (les supermarchés bio courent les rues, et les habitudes sont faciles à prendre comme les chaînes comme Biocoop envahissent une bonne partie des villes de France). Mais, dés qu’on est à l’étranger, ça devient plus compliqué, plus fatigant… Si on veut du bio, il faut parfois chercher le marché, s’adapter aux horaires, etc.

Ça peut paraître vieux jeu, et de nombreuses personnes vivent très bien sans légumes. Mais nous sommes très sportifs, on doit être en forme pour bosser, et le voyage au long terme stresse le corps. Sans notre dose de vitamines, et de bonnes choses, on ne ferait pas la moitié de ce qu’on fait tous les jours !

Être esclave des ressources, ça peut parfois énerver

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Aujourd’hui, lundi 9h, je décide que jusqu’à 12h je vais me mettre à fond sur la rédaction de trois articles. Je me lève, super motivé. Je sors les fruits et le mixeur pour faire mon smoothie, ma tasse pour mon thé. Je mets les fruits découpés avec amour dans mon blender, mon podcast matinal sur les oreilles. Je le branche, j’appuie sur le bouton. Et rien… Je jette un coup d’oeil sur les batteries, et bingo ! Plus de batterie. Cette situation, elle arrive plus souvent que ce qu’on peut imaginer. Aussi bien avec l’eau que l’électricité, que le gaz… Et quand ça se passe comme ça, soit on prie pour qu’il y ai une bonne dose de soleil, soit on range tout pour rouler jusqu’au prochain spot et faire le plein de batterie. Vivre au rythme de nos ressources, on a beau être préparé à l’idée, ça peut parfois chambouler le programme de toute une journée … Mieux vaut donc ne pas être trop rigide là-dessus et rester souple. Vous aviez prévu de travailler toute la matinée puis d’aller surfer ? Eh bien soit vous travaillerez toute l’après-midi et irez surfer demain, soit vous allez surfer et au diable le boulot de la journée (ça se passe plus souvent comme ça par chez nous …).


Aujourd’hui, on sait que rencontrer des phases difficiles en voyage, c’est normal. Mais attention, cela ne nous empêche pas de profiter de la vanlife à fond ! Finalement, tous ces problèmes, ils font partie du décor et il faut vivre avec coûte que coûte… Ces craintes, elles servent à notre apprentissage de la vie. Elles aident aussi peut être à se poser les bonnes questions, pour vivre de meilleures expériences sur la route.

 

Et vous, lors d’un voyage en van, la fatigue d’où vient-elle ? Comment la ressentez-vous ? Comment la combattez-vous ?

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6 commentaires

Lone-wolf 24 avril 2019 at 5 h 34 min

Salut les voyageurs !
Ah la fatigue ; rien de plus sournois que la fatigue . Tu ne la sens pas venir , et lorsqu’elle est là , il y a toujours cette petite voix qui te dit :
” Allez , ça va passer , continue un peu ” ; Ouais !! Pas simple à gérer .
Dans ma vie de tous les jours , avec l’age avançant ; j’ai accepté d’intégrer l’élément fatigue à mon rythme de vie et donc je repense ma façon de me reposer et de me ressourcer . hose que je ne faisais pas avant . Certes ça change parfois le rythme de certaines journées mais c’est vraiment nécessaire . Il y a des jours et bien c’est repos ! Pas de réveil , peux d’activités , lecture , écriture , caresser le chien , film et vagabondage intellectuel
Oui je sais , vous allez me dire , pas toujours évident de concrétiser ça mais en cherchant bien , vous allez trouver !
Voilà pour répondre à la question
Merci pour ce merveilleux site et ……………… on the road again

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Guylaine 29 mars 2019 at 12 h 12 min

Bonjour, j’ai un master Renault je suis vers Toulouse et je cherche un endroit pour me le faire aménager ?? Le faites vous ?? Merci et bonne journée à vous ……

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Le Van Migrateur 30 mars 2019 at 12 h 12 min

Non, mais il y en a un ou deux à Toulouse qui pourront vous aider 🙂

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Lone-wolf 24 avril 2019 at 5 h 37 min

Bonjour Guylaine ; tu veux un professionnel ou bien un amateur éclairé ? Pour les pros , tu vas trouver sur le net sinon sur les réseaux van life , ça me semble possible mais pas toujours évident à mettre en place car ça prend du temps
Bon courage à toi

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Camille Mabire 8 mars 2019 at 23 h 23 min

Super article ! J’apprécie votre franchise sur le sujet qui est important de connaître avant de partir à l’aventure.
Une petite question au sujet de l’alimentation : est-ce qu’il est si difficile que ça de trouver des magasins bio à l’étranger, pourriez vous développer un petit peu plus si ça ne vous ennuie pas ?
Une autre question concernant les emplois saisonniers : parvenez vous (Pierre-François) à trouver rapidement un job ou est ce laborieux avec des montagnes de CV et de lettre de motivations ?

Sinon, continuez car ce que vous faites est génial et inspirant ! Vous bossez durement sur tous vos projets et ça se ressent 😉
Et une chose est sûre : j’adopterai votre bouquin sur l’homologation qui je suis certaine nous aidera moi et mon compagnon à nous lancer dans cette expérience de vie palpitante !

Cordialement,
LesPingous

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Le Van Migrateur 10 mars 2019 at 16 h 03 min

Hello Camille !

Merci pour ce beau message plein d’encouragements <3

Le bio à l'étranger, c'est vague. Ça dépend des pays ! On essaie de développer sur nos articles Road Trip à chaque fois. Quoiqu'il arrive, il y a des pays dans lesquels le bio n'existe même pas tout simplement parce que leurs légumes sont déjà sains de base ! Et les biocoop, etc. c'est loin d'exister partout. Mais il y a bien une chose qui reste "universelle": le marché ! 😉
Pour les emplois saisonniers, PF a trouvé en 2 semaines là où d'autres ont galéré plusieurs mois. Coup de chance ? On ne sait pas trop ... Encore une fois, ça dépend. Le tout: être motivé et le montrer ! Le plus dur est de mettre un pied dedans, après ça roule tout seul 🙂

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