Laine vs Armaflex pour isoler son van : j’ai testé les deux
En juin 2025, j’ai pris une grande décision : démonter entièrement l’aménagement dans lequel j’avais vécu pendant six ans. Sous chaque latte, chaque plaque, il y avait un souvenir… et parfois, de la moisissure. Aujourd’hui, je vous raconte ce que j’ai découvert et pourquoi j’ai tout refait, jusqu’à l’isolation.
Pendant plusieurs années, je vous recommandais un combo très répandu dans le monde de l’aménagement : liège expansé ou projeté sur la carrosserie, recouvert de laine de chanvre ou de Biofib Trio de 45 mm, et d’un frein vapeur. Ce choix restait logique : c’était écologique, performant, et efficace dans la plupart des configurations. Et si vous avez isolé votre fourgon ainsi, rassurez-vous, c’est une excellente isolation à condition qu’elle soit posée et utilisée dans les règles de l’art.
Mais le monde de l’aménagement évolue, les retours d’expérience aussi… et mon point de vue s’est affiné avec le temps. Entre l’arrivée de nouveaux matériaux (comme l’Armaflex), les centaines de retours que nous recevons chaque année, et mon propre démontage complet de Caliméro, j’ai aujourd’hui une vision plus nuancée et surtout plus adaptée à chaque mode de vie.
Car oui : l’isolation idéale ne dépend pas seulement du matériau, mais de votre utilisation du fourgon, du climat dans lequel vous vivez, du nombre d’ouvertures, et de la précision de la pose. À mesure que l’Armaflex s’est popularisé, j’ai mené ma petite enquête… et j’ai compris que le combo liège + laine + frein vapeur était excellent mais extrêmement exigeant. La moindre erreur de pose, la moindre infiltration, et les ennuis peuvent commencer.
C’est exactement ce que j’ai constaté en démontant Caliméro : certains endroits étaient comme neufs, d’autres complètement condamnés (notamment le plafond, où la laine était directement en contact avec la tôle, faute d’une première couche de liège). Ces découvertes m’ont poussée à revoir mes recommandations pour vous proposer aujourd’hui une vision plus complète, plus réaliste et surtout plus sûre, quelles que soient vos habitudes de vie sur la route.
Avant d’entrer dans le cœur de l’article, voici les erreurs de pose à éviter absolument si vous avez opté pour la laine :
- Ne pas bourrer les renforts : il faut les recouvrir, pas les remplir.
- Recouvrir 100 % de la tôle, pour qu’aucune zone ne soit en contact direct avec la laine.
- Bien aérer le fourgon chaque jour.
- Éviter toute infiltration, même minime : la laine ne pardonne pas l’humidité.
Je démonte tout : l’envers du décor

J’ai écrit tout un article pour vous raconter pourquoi je m’étais lancée dans le ré-aménagement complet de Caliméro cette année :
Mais, ce que je ne vous dis pas dans cet article, ce sont les petites surprises que j’ai trouvées en démontant tout.



L’isolation de la première version : retours et erreurs
L’isolation de la première version de Caliméro était une base de liège expansé de 1 cm sur les murs et plafond et 2 cm au sol. Il était collé sur la tôle avec du Sikaflex (que j’ai retrouvé comme neuf, aucune trace de moisissures). Par-dessus, une couche de Biofib trio de 4,5 cm. Et pour finir, un frein vapeur.
Au moment du démontage, j’ai clairement eu des « surprises » au niveau l’isolation. Si je mets le mot surprise entre guillemets, c’est parce que je m’attendais plus ou moins à voir ce que j’ai vu.
L’isolation était comme neuve à certains endroits, et partiellement moisie à d’autres. Et, bien qu’on puisse s’attendre à ce qu’elle soit moisie autour de la douche et en bon état autre part : que neni !
Les traces de moisissures se sont fait voir notamment autour des ouvertures et au plafond (sur lequel il n’y avait que de la laine, et pas de base de liège !).
Voici une liste des ouvertures réalisées dans Caliméro lors de son premier aménagement en 2018 :
° 2 baies latérales
° 2 lanterneaux
° Un champignon d’aération
° Des fixations pour la galerie (nous avons percé le toit pour fixer la galerie Frontrunner)
Chaque ouverture créant un petit pont thermique, l’isolation a pris l’humidité à ces endroits précis… Et comme, en plus, nous avons eu des infiltrations sur les deux lanterneaux sans réussir à résoudre le problème durant les premières semaines d’aménagement (bien évidemment en plein hiver), l’isolation n’a jamais vraiment pu sécher à ces endroits-là.
Et forcément, en démontant, j’ai découvert la face cachée de ces six années de vie sur la route…
Spoiler alert : c’est le plafond qui a vraiment pris cher, là où les parois sont restées comme neuves.


Les erreurs d’isolation de la première version
Comme je le dis souvent, il n’existe pas de mauvaise isolation parmi celles recommandées pour les fourgons aménagés. Mais plutôt une mauvaise utilisation et / ou une mauvaise pose.
Et on peut clairement voir, à travers le premier aménagement de Caliméro, que ce sont les petites infiltrations et une erreur de pose en particulier qui ont créé la moisissure, voire la rouille à certains endroits.
Au niveau du plafond
Au niveau du plafond, comme je le disais, les infiltrations dues aux fuites qui ont mis plusieurs semaines à être résolues en plein hiver ont condamné l’isolation dès le départ. Je l’ai clairement vu au démontage : les moisissures et les traces d’humidité ne se trouvaient qu’au plafond. À cet endroit, l’isolation et la carrosserie ont été abîmés, alors que tout était comme neuf partout ailleurs.
Et surtout… Nous n’avions pas posé de liège au plafond. La laine était posée directement sur la tôle. Et, clairement, c’était une erreur. S’il y avait eu du liège sur la tôle, je pense que les dégâts auraient été vraiment réduits !
Voici l’état du plafond :


Nous avons réalisé l’isolation à l’époque où le rembourrage de renforts était recommandé par quasiment tous les professionnels. Nous avons vite pu réaliser notre erreur, mais il était trop tard : tout était déjà aménagé. Nous avons donc alerté sur tous les endroits du blog possible et imaginables qu’il ne faut surtout pas bourrer les renforts, mais plutôt les recouvrir. Cela permet à la condensation de pouvoir s’écouler vers l’extérieur du fourgon, et de pouvoir circuler. Un peu comme dans les murs d’une maison, finalement !
On peut clairement voir, en voyant cette photo, que le rembourrage n’est pas une bonne idée. J’ai retrouvé tout le biofib trio mis en vrac à l’intérieur des renforts du plafond quasiment en poussière, et 2 renforts rouillés au plafond.
Au niveau des murs
J’ai retrouvé les murs dans un état presque neuf. À part quelques mini points de rouille par-ci, par là, tout a bien survécu aux 6 ans de vie en van.

Le plus étonnant est que les renforts rembourrés n’ont pas pris une ride, ni une trace de rouille sur les murs. Encore une fois, cela n’a été constaté que sur le plafond. Peut-être que cette donnée pourrait venir nuancer le « il ne faut absolument pas bourrer les renforts », et que l’isolation installée à l’intérieur a moisi à cause de ces fameuses infiltrations dans Caliméro. Pour le coup, il est difficile de donner un avis tranché sur la question.
Pourquoi j’ai choisi l’Armaflex, cette fois-ci ?
L’Armaflex, c’est l’isolant dont tout le monde parle depuis que c’est sorti, autour de 2020. Alors, même si j’ai eu du mal à me lancer au vu de l’efficacité de l’isolation à la laine, j’ai décidé de tenter l’aventure. Après tout, je suis là pour vous faire des retours d’expérience et pour vous aiguiller dans vos aménagements, alors autant jouer le jeu jusqu’au bout !
Je suis donc partie sur de l’Armaflex, fourni par Vancore.
Vancore
Le fournisseur français d’équipements pour fourgon aménagé
Basé à Toulouse
Découvrir la gamme ArmaflexEt je ne suis pas déçue. Je vous avoue qu’au début, j’ai eu un peu peur. Comme je réalisais l’isolation en plein soleil, je voyais que l’intérieur de l’Armaflex devenait très vite chaud, ce que je n’avais pas avec la base de liège (mais aussi avec la laine, plus épaisse) qui restait à une température basse lorsqu’on la touchait.
Mais, après plusieurs expériences en été et en hiver, je valide évidemment à 100% l’Armaflex :
° Dans un premier temps, c’est plus léger
° La température reste fraîche à l’intérieur en été, mais le plus gros avantage par rapport à la laine est que la chaleur s’en va rapidement une fois le soir arrivé. Là où la chaleur restait emprisonnée dans l’isolation en laine. Game changer !
° La température reste bonne en hiver, et je vois une petite différence au niveau du chauffage. ll se déclenche un peu moins souvent, même en pleine montagne (coucou les Dolomites, again) et surtout… On atteint une température confortable alors qu’il est réglé à 16 degrés, là où je devais le régler à 19 degrés avant. Bon, je suis peut-être aussi plus résistante au froid qu’avant, qui sait…
° Au niveau du bruit, l’Armaflex n’a rien à se reprocher : il suffit de fermer la porte pour être isolés de l’extérieur (bon, sauf si vous avez un marteau-piqueur juste à côté du fourgon, on est d’accord…). Mais de ce côté-là, la laine n’a rien à lui envier 🙂
En conclusion, je dirais que les deux types d’isolation remplissent correctement leur rôle, avec malgré tout une sensibilité accrue pour la laine. En posant cette dernière, on n’a pas le droit à l’erreur : ni de pose, ni d’utilisation. Tandis que l’Armaflex, étant un produit non naturel, est plus souple étant donné qu’il ne moisit pas en cas de contact prolongé avec la condensation.
Laine vs Armaflex, lequel choisir ?
Je parle principalement de la laine, mais nous avions installé du liège expansé en base, avant la laine. Je ne le cite pas beaucoup dans cet article, car je l’ai retrouvé comme neuf absolument partout lors du démontage : aussi bien sur le plafond qu’ailleurs. Aussi, le liège expansé ne suffit pas en isolant seul.
| Critère | Laine de chanvre | Armaflex |
|---|
| Résistance à l’humidité | Moyenne (risque de moisissure) | Excellente |
| Poids | + lourd que l’Armaflex | Léger |
| Écologique | Oui | Non |
| Facilité de pose | Facile | Difficile dans les renforts |
| Confort thermique | Très bon | Excellent |
| Confort acoustique | Excellent | Excellent |
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