Norme ECE-R10 : ce que la DREAL attend vraiment
Le justificatif de conformité des appareils électroniques à la norme ECE-R10 pour les fourgons aménagés est demandée depuis quelques temps par les DREAL comme pièce justificative du dossier RTI (pièce 16).
Et comme il est très peu expliqué, cela soulève beaucoup de questions.
On vulgarise tout ça ?
Qu’est-ce que la norme ECE-R10 ?
Le règlement ECE-R10 garantit qu’un équipement électronique ne perturbe pas le véhicule et qu’il continue de fonctionner correctement malgré les perturbations électromagnétiques présentes autour de lui.
Autrement dit, il certifie qu’un appareil est compatible avec l’environnement électronique d’un véhicule en circulation.
Pourquoi la norme ECE-R10 pour les fourgons aménagés existe ?
Aujourd’hui, un fourgon est rempli d’électronique :
- calculateur moteur,
- ABS,
- caméra de recul,
- tableau de bord,
- GPS,
- radio,
- multiplexage CAN,
- etc.
Lorsqu’on aménage un fourgon, on ajoute souvent ce genre d’équipement électronique :
- convertisseur 230 V,
- batterie lithium,
- chargeur,
- booster,
- MPPT,
- chauffage diesel,
- éclairage LED,
- prises USB,
- réfrigérateur…
Tous ces appareils produisent naturellement des champs électromagnétiques lorsqu’ils fonctionnent.
À première vue, cela peut sembler anodin. Pourtant, sans règles de conception, ces appareils pourraient interférer entre eux.
Le R10 sert justement à vérifier que chaque équipement installé « n’arrose » pas le reste de l’électronique. Mais aussi l’inverse : l’appareil doit continuer à fonctionner même quand il est exposé à un environnement électronique important.
Les 2 problèmes que la norme ECE-R10 cherche à éviter
La compatibilité électromagnétique repose sur deux principes.
1. Un équipement ne doit pas perturber le reste du véhicule
Lorsqu’un convertisseur ou un chargeur fonctionne, il découpe le courant à très haute fréquence.
S’il est mal conçu, il peut produire des parasites électriques qui se propagent dans les câbles ou rayonnent autour de lui.
Les conséquences peuvent être très variées :
- une radio qui grésille ;
- une mauvaise réception GPS ;
- une caméra qui scintille ;
- des écrans qui clignotent ;
- des voyants moteur qui apparaissent sans panne réelle ;
- des dysfonctionnements du réseau CAN.
Dans les cas les plus extrêmes, ces perturbations pourraient affecter des systèmes essentiels du véhicule.
2. Un équipement doit résister aux perturbations
L’inverse est tout aussi important.
Imaginez qu’un téléphone, un relais radio ou un autre équipement génère des perturbations.
Votre chargeur, votre booster ou votre chauffage diesel ne doivent pas :
- redémarrer ;
- se couper ;
- afficher des erreurs ;
- perdre leurs réglages.
La norme vérifie donc également que l’équipement reste parfaitement fonctionnel même lorsqu’il est soumis à un environnement électromagnétique perturbé.
En résumé : un appareil conforme à la norme ECE-R10 ne perturbe pas les autres… et les autres ne le perturbent pas.
Imaginez une pièce où dix personnes discutent.
Si l’une d’elles parle en criant, plus personne ne s’entend.
À l’inverse, si une personne est incapable de suivre la conversation dès qu’il y a un peu de bruit, elle ne pourra pas communiquer correctement.
La compatibilité électromagnétique fonctionne exactement de la même façon.
Chaque équipement électronique doit être suffisamment discret pour ne pas gêner les autres, mais aussi suffisamment robuste pour continuer à fonctionner malgré le « bruit » électronique qui l’entoure.
Quels équipements de nos fourgons sont concernés par la norme ECE-R10 ?
La règle est assez simple.
Ce sont essentiellement les équipements électroniques actifs installés de manière permanente dans le véhicule.
Les éléments concernés par la CEM sont :
- Les convertisseurs 230 V
- chargeurs secteur chargeurs DC-DC (booster)
- Les régulateurs MPPT
- Les batteries lithium avec BMS intégré
- Les unités de commande de chauffage diesel
- Les climatiseurs
- Les frigos
- Les commandes électroniques de marchepied
La norme ECE-R10 garantit-elle qu’un équipement est de bonne qualité ?
Non.
C’est une confusion très fréquente.
La conformité ECE-R10 ne signifie pas qu’un appareil est plus performant, plus fiable ou plus durable.
Elle ne vérifie pas non plus :
- son rendement ;
- sa durée de vie ;
- sa sécurité incendie ;
- sa qualité de fabrication.
Elle certifie uniquement que l’équipement respecte les exigences de compatibilité électromagnétique imposées pour une utilisation sur un véhicule.
Autrement dit, un appareil conforme ECE-R10 peut être de qualité moyenne… tandis qu’un excellent appareil peut être refusé lors d’une RTI s’il ne dispose pas du justificatif demandé.
Comment fournir le justificatif de conformité à la norme ECE-R10 pour l’homologation VASP ?
Dans la majorité des cas, ce document est fourni par le fabricant de l’appareil et non par le revendeur.
Par exemple, si vous achetez un régulateur MPPT chez MyShop Solaire, vous ne trouverez généralement pas le certificat ECE-R10 sur le site du revendeur.
Il faudra rechercher directement le modèle concerné sur le site de Victron Energy, qui est le fabricant du régulateur.
Le même principe s’applique pour la plupart des grandes marques (Victron Energy, Webasto, Autoterm, Dometic, Truma, etc.) : le certificat est généralement disponible dans la documentation technique, dans la rubrique « Downloads » ou sur demande auprès du service technique.

Que faire si vous ne trouvez pas le certificat ECE-R10 ?
Il arrive que le document ne soit pas facilement accessible.
Dans ce cas, plusieurs solutions existent :
- Demander au revendeur de vous fournir le certificat. Soit il l’a déjà, soit il s’occupera de demander au fabricant ;
- Si l’appareil n’a pas de certificat ECE-R10, il vous suffira d’écrire un papier en certifiant sur l’honneur que vous n’utiliserez pas l’appareil pendant que le véhicule roule
Attention : un certificat ECE-R10 est toujours lié à une référence précise. Un document correspondant à un modèle proche ne sera pas forcément accepté dans votre dossier RTI.
Vous avez des questions ?